Atelier 03
Thématique(s)
Urbanisme , mobilités et ambiances sonores
Horaire
Lundi 23 novembre 2026 / 16h20-17h40
Salle
Non attribuée
Prévenir les nuisances sonores : comment mieux utiliser le levier de l’urbanisme ?
Description :
Atelier animé par :
Intervenants :
Jean-Charles DUFOUR
Maitre de Conférences des Universités et Praticien Hospitalier APHM
Résumé : Padel, pickleball et nuisances sonores : innover par l’analyse spatiale pour objectiver et prévenir l’exposition des riverains
La croissance fulgurante du padel et la montée en puissance du pickleball (promus par la FFT) constituent une mutation majeure des pratiques sportives urbaines. Cependant, cette « sportification » rapide se heurte à un défi de santé environnementale : l’insertion de courts générant des bruits impulsifs et répétitifs, particulièrement anxiogènes, à proximité immédiate des habitations. Face à l'émergence de risques psychosociaux chez les riverains, à la multiplication des contentieux et à un cadre réglementaire souvent inadapté ou fragmenté, les acteurs du territoire manquent d'outils pour objectiver les risques en amont.
Cette communication propose une innovation méthodologique : le développement d’une approche de dépistage spatial à l’échelle nationale, conçue comme un outil d’aide à la décision pour l’aménagement durable. Plutôt que de s'appuyer sur une modélisation acoustique complexe et coûteuse à généraliser, nous avons élaboré un indicateur simple, auditable et reproductible combinant deux critères morphologiques clés : la proximité (bandes de distance) et la visibilité (ligne de vue directe - Line-of-Sight). Pour estimer précisément les populations impactées, nous avons couplé ces indicateurs à une allocation dasymétrique des données de recensement pondérée par la surface de plancher des bâtiments.
Appliquée à l’ensemble quasi-exhaustif du parc français (878 sites en 2025), cette méthode a permis de caractériser l’exposition potentielle de la population. Nos résultats révèlent que plus de 30 % des sites ne respectent pas les distances de recul recommandées (notamment par les guides de la FFT). Ces données confirment l'ampleur d'un phénomène jusqu'ici documenté par de simples plaintes éparses : plus de 17 000 résidents sont potentiellement exposés à une pollution sonore chronique, reconnue comme particulièrement délétère pour la santé (troubles du sommeil, stress, anxiété, dépression). L’analyse montre notamment que les logements en vue directe subissent une double peine : absence d'écran acoustique et proximité accrue. L’étude met également en lumière une dimension de justice environnementale : les configurations à haut risque sont surreprésentées dans les petites villes, souvent moins dotées en ingénierie territoriale pour encadrer ces implantations.
En croisant morphologie urbaine et données sociodémographiques, cette étude démontre comment une innovation technologique « frugale » basée sur l’Open Data (SIG) peut matérialiser les carences de la régulation actuelle. Elle offre aux planificateurs et aux services de santé publique un levier d’action concret pour :
1. Identifier les sites prioritaires nécessitant des mesures d’atténuation acoustique ;
2. Prévenir les conflits futurs en intégrant des critères morphologiques (distance/écran) dans la planification urbaine ;
3. Concilier durablement le développement de l'offre sportive et le respect de la tranquillité publique, en passant d'une gestion curative des plaintes à une prévention primaire de l'exposition.
Dans un monde en mutation où les usages de la ville s'intensifient, ce travail illustre comment l'objectivation spatiale peut devenir le socle d'une politique de prévention primaire des nuisances sonores.
Martin SCHOREISZ
Chargé d'étude acoustique / transport CEREMA
Résumé : diagBruit : un outil numérique proche des territoires pour protéger les populations
En 2022, Bordeaux Métropole sollicitait le Cerema pour la réalisation d'une base de données des mesures de bruit sur son territoire. Après un premier test très technique (projet Bambin
Résultat : une investigation appuyée par un spécialiste numérique et un constat : malgré l'enjeu sanitaire et sociétal démontré, le bruit est un sujet encore trop technique, souffrant d'une forte incompréhension hors du cercles des experts, et desservi par de trop nombreuses règlementation (parfois obscures). Les instructeurs d'application droits des sols (ADS) en collectivité sont particulièrement démunis sur ce sujet.
En 2025, le Cerema produit diagBruit (https://diagbruit.beta.gouv.fr), un site internet qui permet aux instructeurs ADS de connaitre facilement le niveau de risque sur une parcelle. Basé sur les cartes de bruit stratégique, le classement sonore et les plan d'exposition au bruit, diagBruit simplifie le volume d'information disponible et propose un indicateur à destination d'un public non averti mais impactant sur le terrain.
La démarche beta.gouv imposant de prouver l'impact terrain, le projet se tourne en 2026 vers les spécialistes de la construction. Financé par l'Agence nationale de la cohésion des Territoires, l'objectif actuel est de permettre aux porteurs de projets de concevoir des projets viables qui protègent la santé des habitants.
En 2026, 5 agglomérations (Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Lille) disposent de l'outil sur leur territoire, et tentent de favoriser la prise en compte du bruit dans les phases amont des projets de construction de leurs territoires.
Pour l'équipe diagBruit, l'innovation tient dans l'application de la méthode beta.gouv au monde de l'acoustique : écouter les acteurs de la construction et de l'aménagement, itérer avec eux pour construire une solution impactante sur le terrain, leur autorisant un large niveau d'indépendance grâce à l'intégration de l'expérience des experts dans un outil à destination des non initiés, en collectivité.
Innover c'est s'ouvrir, innover c'est simplifier.
Yannick PÉPÉ-GUES
Gérant du bureau d'études Unisson et référent Pompes à chaleur au CINOV-GIAc
Résumé : Pompes à chaleur : comment anticiper pour éviter les nuisances sonores ?
Résumé à venir.