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Atelier 10

Thématique(s)

Acteurs, réglementation et société

Horaire

Mardi 24 novembre 2026 / 11h40-13h00

Salle

Non attribuée

Améliorer la qualité de l’environnement sonore : quels leviers d’action collective et d’innovation ?

Description :


Atelier animé par :

Thomas FRAISSENON

Formateur Acoustique, Vibrations et Musique - Créateur et gérant de la structure "Propagations"

Intervenants :

Mathieu FONTAINE

Acousticien-Conseil
Résumé : L’innovation invisible : dépasser la technique pour réintroduire l’humain dans la gestion du bruit - Retour d’expérience sur l’émergence d’une offre de conseil pluridisciplinaire
Alors que l'innovation dans l'environnement sonore est souvent associée à la technologie (nouveaux capteurs, IA, matériaux), cette communication propose d'explorer une forme d'innovation organisationnelle et méthodologique encore peu développée en France : l'intégration systématique des dimensions humaines, psychologiques et communicationnelles dans le conseil en acoustique.

Après 18 années d'expérience exclusive au sein des services de l'État (DDASS, puis ARS), je fais un constat sans appel : l'acousticien est souvent perçu comme un "parent pauvre" de l'ingénierie, intervenant trop tardivement sur des projets déjà figés, ou se heurtant à des situations de conflit où la seule donnée technique (dB) est insuffisante pour apaiser la gêne. Les aspects relationnels, émotionnels et cognitifs de la nuisance restent les grands absents des prestations classiques.

Cette intervention s'appuie sur un retour d'expérience concret pour analyser les freins et leviers d'une approche pluridisciplinaire (acoustique, juridique, psychologie, communication) :
  • Le constat d'un vide : pourquoi le modèle économique du bureau d'études traditionnel peine-t-il à intégrer ces dimensions "molles" mais essentielles ?
  • L'innovation comme réponse à un risque : comment transformer la gestion des "réclamants bruit" et l'accompagnement des maîtres d'ouvrage en passant d'une logique de conformité réglementaire à une logique de résolution de conflit et d'appropriation ?
  • Les résistances du système : analyse des difficultés à faire accepter une offre de conseil "hors norme" dans un secteur très technicisé et cloisonné.
Cette communication vise à ouvrir un débat sur la place de l'acousticien de demain : doit-il rester un prescripteur technique ou devenir un médiateur capable de décrypter les usages et les vécus pour rendre l'innovation sonore réellement accessible et efficace ?

Alexis BIGOT

Responsable R&D chez Sixense Engineering
Résumé : Innover en acoustique : progrès techniques ou réponses réelles aux nuisances sonores ?

Le domaine de l’acoustique connaît aujourd’hui de nombreuses innovations technologiques et méthodologiques, même si l’usage de l’IA - la dernière grande rupture technologique - y reste limité. Cette dynamique interroge : ces innovations répondent‑elles réellement aux objectifs de prévention et de réduction des nuisances sonores, ou émergent‑elles surtout au gré des possibilités techniques disponibles ? Dans un contexte où les besoins de terrain sont importants, on voit apparaître de nouvelles solutions (nouveaux types de capteurs, nouveaux algorithmes, nouvelles méthodologies, etc.), mais celles-ci répondent souvent à des besoins très ciblés plutôt qu'à une problématique globale de réduction des nuisances sonores. Les choses semblent être "faites à l'envers" : plutôt que de partir d'un problème et de chercher des solutions, on part des solutions et on se demande "est-ce que ça aide à résoudre ce problème ?"…
Il semble également que l'impact positif de ces solutions, prises individuellement, soit difficile à quantifier au regard d'un objectif global de santé publique. Cette difficulté constitue un frein majeur pour déterminer de manière claire et scientifiquement étayée quelles solutions doivent être encouragées, priorisées ou généralisées.
L'enjeu pourrait être de mobiliser les acteurs concernés - collectivités, chercheurs, entreprises, voire associations et citoyens - dans une démarche d'innovation plus collaborative et plus créative qui parte véritablement des objectifs pour faire émerger des solutions. Une telle approche permettrait de renforcer la confiance du public, d’améliorer l’efficacité des actions menées et de réinscrire l’innovation au service d’une vision globale de la qualité de l’environnement sonore.