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Atelier 16

Thématique(s)

Données et outils d'aide à la décision

Horaire

Mardi 24 novembre 2026 / 17h20-18h40

Salle

Non attribuée

Intelligence artificielle et digitalisation des pratiques : quel futur pour le métier d’acousticien ?

Description :


Atelier animé par :

Guillaume LABEQUE

Directeur développement commercial chez AcoustB/Egis

Intervenants :

Sébastien CARRA

Chef de Projet, Responsable Innovation ACOUCITÉ
Résumé : CLARA, CASBA : Des solutions de prototypage pour le suivi de l'environnement sonore robustes et bas coût

Acoucité, Observatoire de l'environnement sonore, a mis en place en 2020 un service innovation en fond propre dans le but de développer des prototypes de balises acoustiques. Les progrès récents en matière d'objets connectés, d'alimentation solaire embarquée et de réseaux de neurones ont constitué les axes de développement et d'innovation. Deux projets centrés sur un capteur industriel bas coût ouvert pour les développeurs, ont ainsi vu le jour fondé sur une approche partenariale robuste. CASBA ( Capteur acoustique solaire bas coût autonome) explore la programmation en C embarqué pour créer un capteur connecté en temps réel utilisant le réseau LTE-M, faible consommation permettant l'alimentation par panneau photovoltaïque 10W. CLARA (Classification acoustique par reconnaissance automatisée) utilise l'environnement Linux du Raspberry Compute Model pour intégrer des réseaux de neurones issus de la communauté scientifique, réentraînés avec des données labélisées depuis la création de l'observatoire. Les phases d'expérimentation en conditions réelles sont accompagnées par les métropoles partenaires.

Maxime JABIER

Directeur Santé Confort - EGIS
Résumé : L’acousticien du futur : moins de modélisation, plus de santé et de confort
L’intelligence artificielle ne va probablement pas faire disparaître l’acousticien. Elle va en revanche profondément déplacer la valeur de son métier.
Mesurer, dépouiller des données, identifier des événements, modéliser ou produire certains livrables mobilisent encore une part importante de notre temps. Or cette transformation a déjà commencé. Chez Egis, cIgAle automatise la détection et la classification d’événements sonores, tandis que CENOSIA permet de suivre en continu différentes données environnementales et de les croiser pour mieux comprendre ce qui se passe sur le terrain. 
Ces outils ne sont pas seulement des gains de productivité. Ils préfigurent une évolution plus profonde : la valeur de l’acousticien sera progressivement moins dans sa capacité à produire de la donnée que dans sa capacité à lui donner du sens.
Le temps libéré peut alors permettre de revenir à la finalité de notre métier. Non plus seulement mesurer des décibels ou vérifier des seuils réglementaires, mais comprendre qui est exposé, à quoi, quand, comment le bruit est perçu et quelles conséquences il produit sur les usages, la santé et le confort.
L’acousticien de demain devra ainsi davantage croiser acoustique, perception, santé, confort et compréhension des usages. L’IA pourra observer, classifier, analyser et simuler de plus en plus de situations. Mais elle ne décidera pas seule de l’environnement sonore dans lequel nous voulons vivre.
Le métier pourrait ainsi évoluer d’une logique principalement centrée sur la production d’études vers une logique de conception des environnements sonores, où l’expertise technique reste fondamentale mais se met davantage au service de la santé, du confort et de la qualité de vie.
Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de savoir si l’IA remplacera l’acousticien, mais de savoir ce que l’acousticien fera de différent lorsque la machine prendra en charge une partie de ce qui occupe aujourd’hui son temps.

Alexis BIGOT

Responsable R&D chez Sixense Engineering
Résumé : Innover en acoustique : progrès techniques ou réponses réelles aux nuisances sonores ?

Le domaine de l’acoustique connaît de nombreuses innovations technologiques et méthodologiques, tandis que l’usage de l’intelligence artificielle (IA) y reste encore limité. Cette évolution interroge : ces innovations répondent-elles réellement aux enjeux de prévention et de réduction des nuisances sonores, ou sont-elles principalement développées au gré des possibilités techniques ?

De nouveaux capteurs, algorithmes et outils fondés sur l’IA émergent, mais leur utilité au regard des problématiques concrètes du terrain reste parfois difficile à évaluer. Comme pour les autres technologies, le risque est de partir de l’innovation pour chercher ensuite à quoi elle pourrait servir, plutôt que de partir des besoins et des problèmes à résoudre. La difficulté à mesurer leur impact sur la santé publique constitue également un frein à leur évaluation et à leur déploiement.

Comment replacer les besoins réels au cœur de l’innovation acoustique ? Comment mobiliser l’IA et les nouvelles technologies pour apporter des réponses pertinentes, efficaces et mesurables aux nuisances sonores ? L’enjeu est de favoriser une démarche collaborative associant collectivités, chercheurs, entreprises, associations et citoyens, afin de faire émerger des solutions adaptées aux objectifs de prévention et d’amélioration de la qualité de l’environnement sonore.

Patrice CORNU

Dirigeant fondateur du bureau d’études chez Venathec
Résumé : De la digitalisation à l'Ingénierie Assistée : l'IA au service de l'expertise acoustique
Depuis plus de dix ans, VENATHEC a engagé une transformation numérique de ses pratiques, structurée autour de CLUTCH, son ERP métier, aujourd'hui progressivement enrichi par l'intelligence artificielle.
Ce retour d’expérience nourrit une réflexion sur l’évolution du métier d’acousticien et l’émergence d’une véritable « Ingénierie Assistée », où les technologies numériques viennent renforcer l’expertise humaine.
L'automatisation des tâches administratives, la structuration des connaissances, l'exploitation des données et l'assistance aux processus métier ouvrent des perspectives concrètes pour améliorer l'efficacité des bureaux d'études.
Mais cette transformation ne saurait se résumer à une course technologique. Elle suppose de comprendre les besoins des professionnels, de garantir la fiabilité des outils et de préserver le jugement de l'ingénieur.
Car la valeur de l'acousticien ne repose pas uniquement sur sa capacité à mesurer, calculer ou modéliser. Elle réside aussi dans l'écoute du demandeur, la compréhension de ses enjeux, l'interprétation des situations et la pertinence des solutions proposées.
L'intelligence artificielle doit donc permettre de libérer du temps pour renforcer cette expertise humaine, plutôt que chercher à s'y substituer.
Dans un métier en pleine mutation, le véritable risque n'est peut-être pas d'utiliser l'IA, mais de ne pas apprendre à la maîtriser.