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Atelier 12

Thématique(s)

Urbanisme , mobilités et ambiances sonores

Horaire

Mardi 24 novembre 2026 / 11h40-13h00

Salle

Non attribuée

Paysages sonores : un levier de l’éducation à l’écoute

Description :


Atelier animé par :

Intervenants :

Raphaël ROTH

Maître de conférences INSTITUT NATIONAL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION ARTISTIQUE ET CULTURELLE
Résumé : L'éducation au son comme innovation : apprendre à écouter » : une éducation aux paysages sonores comme levier de sensibilisation à la biodiversité sonore et de réduction perçue des nuisances sonores

Face aux enjeux de qualité de l’environnement sonore, l’éducation à l’écoute constitue un levier complémentaire aux approches réglementaires et techniques. Cette communication propose d’explorer comment une attention renouvelée aux paysages sonores peut contribuer à la sensibilisation à la biodiversité sonore, au développement d’une écoute active et à une meilleure prise en compte des dimensions sensibles des environnements quotidiens.

À partir de plusieurs expériences pédagogiques menées dans des contextes variés (école, classe dehors, formations, projets de territoire), seront présentés différents outils et pratiques favorisant l’apprentissage de l’écoute : promenades sonores, cartes postales sonores, moments de silence, dispositifs d’enregistrement ou encore activités d’attention aux sons du vivant.

L’intervention défend l’idée que l’amélioration de la qualité de l’environnement sonore ne repose pas uniquement sur la réduction des niveaux de bruit, mais également sur le développement d’une culture de l’écoute et sur la réhabilitation des dimensions sensibles et écologiques des paysages sonores.

 

Didier BLANCHARD

Acousticien GIAC
Résumé : Paysage sonore
Le COVID, le télétravail, le changement climatique font que nous sommes de plus en plus dans nos maisons, sur nos balcons, ou dans différents espaces extérieurs, aussi bien la journée en semaine que le soir ou le week-end. Des bruits jusqu’alors acceptés quand on n’y était exposés que quelques heures ne le sont plus désormais. Cela nous a fait prendre conscience que le confort sonore dans notre habitat, dans notre quartier ou même sur notre lieu de travail, a une valeur inestimable. C’est une prise de conscience populaire, alors qu’auparavant c’était une préoccupation élitiste. Nos métiers doivent apporter de nouvelles réponses.
Ce terme de PAYSAGE SONORE vient du canadien Raymond Murray Schäfer, qui en tant que compositeur, théoricien, écologiste et pédagogue fonde le « projet mondial d’environnement sonore » à l’université Simon Fraser de Colombie-Britannique. La synthèse de ses travaux en matière d’écologie sonore, publiée en 1976 dans l'ouvrage de référence The Tuning of the world (édité en français sous le titre Le paysage sonore), lui vaudra une reconnaissance mondiale.
Le PAYSAGE SONORE permet de fonder une nouvelle discipline qui s’inscrit dans l’écologie sonore et qui prend en compte la biodiversité.
Créer de la sonorité passive en juxtaposant un sol en caillebotis et des graviers, choisir des essences de feuillus pour attirer un maximum d’oiseaux et d’insectes permet d’apporter une présence sonore qui nous ramène à la notion de saisonnalité. Savoir aussi valoriser les sons des fontaines, des cours d’eau ou du vent passant dans les cours intérieures comme choisir les usages en cohérence avec le territoire étudié : les leviers sont nombreux pour concevoir un paysage sonore harmonieux pour les riverains.
La réponse à la réglementation ne peut pas et ne doit pas être la seule mission des professionnels de l’acoustique et du sonore.
Dans une prise de conscience de ce besoin d’évolution de nos bureaux d’études acoustiques, le Groupement des Ingénieurs Acousticiens (GIAC) a choisi de créer le groupe de travail PAYSAGE SONORE. Ce groupe de travail a été présenté lors des Rencontre de l’Ingénierie Acoustique (RIAC) en juin 2025 à la Philharmonie de Paris.
Ce groupe de travail, qui est composé d’acousticiens, de chercheurs, de pédagogues ou d’artistes du sonore, a la volonté de faire œuvre commune par la rédaction collégiale d’un guide métier spécifique sur « La conception et la préservation de paysage sonore ».
Il a une double ambition. La première vise à sensibiliser les élus comme tout professionnel qui intervient sur l’aménagement des territoires (paysagistes, urbanistes, architectes, programmeurs…) à l’importance de cette thématique. La seconde consiste à offrir aux professionnels de l’acoustique et du sonore des clefs concrètes sur les missions qu’ils pourront intégrer dans leurs études.
Nous devons tous avoir conscience que réaliser un paysage sonore, c’est pratiquer l’écoute dans un objectif de compréhension, d’expression et d’amélioration de nos territoires pour un mieux vivre ensemble dans une démarche écologique.

Pascale GODAY

Doctorante UQUAM & UTJ2
Résumé : Éduquer à l’écoute des environnements sonores : vers une modélisation didactique pour les institutions scolaires
Dans le cadre de ma thèse de doctorat, j’interroge la place que les programmes scolaires actuels accordent à l’écoute des environnements sonores, en me demandant s’ils permettent, en l’état, de penser et de structurer un enseignement de l’écoute poético-critique, de manière systémique et progressive, de l’école primaire au secondaire. Cette réflexion s’inscrit dans le prolongement des travaux en éco-éducation musicale, à l’articulation de l’éducation musicale, de l’éducation relative à l’environnement et des approches contemporaines du sonore.
L’enjeu dépasse une simple sensibilisation auditive. Il s’agit de considérer l’écoute des environnements sonores comme un objet d’enseignement à part entière, engageant des dimensions perceptives, esthétiques, analytiques, critiques et éthiques. Dans un contexte marqué par les effets de la pollution sonore sur la santé, l’attention, le bien-être et les conditions d’apprentissage, l’éducation à l’écoute apparaît comme un enjeu éducatif, culturel et socio-écologique.
Cette communication poursuit un double objectif. D’une part, elle met en lumière les possibilités déjà présentes dans les programmes, ainsi que les freins qui limitent l’intégration explicite d’une telle éducation. D’autre part, elle propose une modélisation didactique opérationnelle destinée aux institutions scolaires. Celle-ci vise à structurer les contenus, les visées et les principes d’organisation de cet enseignement, en articulant approche sensible, compréhension des réalités sonores, mise à distance critique et développement d’un rapport plus conscient et responsable au monde sonore.
En identifiant les appuis institutionnels existants et les transformations encore nécessaires, cette communication entend contribuer à une réflexion plus large sur la place du sonore dans l’éducation. Elle défend l’idée qu’éduquer à l’écoute des environnements sonores ne relève ni d’un ajout marginal ni d’une simple activité de sensibilisation, mais d’une véritable orientation curriculaire, susceptible de renouveler les finalités de l’éducation musicale et de contribuer à la formation d’élèves capables de percevoir, comprendre, apprécier et questionner le monde sonore qu’ils habitent.